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Les arbres migrent aussi !

Les arbres migrent aussi !

Les oiseaux ne sont pas les seuls à migrer en automne, les arbres pratiquent aussi cet exercice. Et comme pour les oiseaux ou les autres espèces migratrices, il s’agit d’un élan vital, un élan de survie de l’espèce. Si les arbres faisaient du sur-place, il y a bien longtemps que leurs populations se seraient éteintes.

Qui se souvient qu’au début du siècle dernier, une longue polémique horticole agita les milieux littéraires et politiques ? Alors que Maurice Barrès célébrait l’enracinement de l’homme dans un terroir et prenait, pour cela, appui sur la nature, Charles Maurras lui venait en aide, expliquant que si l’homme, comme l’arbre, doit s’élever au plus haut, il lui faut pour cela de profondes racines et qu’il ne peut pas être d’un terroir et d’un autre. Mais André Gide leur administra une petite leçon de botanique qui en disait long. Les arbres ont depuis très longtemps été transplantés et repiqués, et quand ce n’est pas par la main de l’homme, c’est la nature qui s’en charge elle-même. Comme les troupeaux et les peuples, les forêts ont leurs transhumances. Lentes, certes, mais bien concrètes. A chacun selon sa nature, à chacun selon son espèce.

Comment migrent les chênes ?

Il y a quelques 15 000 années, les chênes ne peuplaient que le Sud de l’Europe, sa bordure méditerranéenne et les côtes de la Turquie. On retrouve aujourd’hui cette espèce partout à travers l’Europe occidentale, jusqu’aux pays les plus septentrionaux, la Norvège, la Suède, le Danemark ou l’Angleterre. Comment ont-ils fait pour peupler ces contrées lointaines ? Ils ont utilisé toutes les forces qui étaient à leur disposition pour étendre leur aire de répartition. Le lent réchauffement climatique leur a permis de prendre pied dans des régions qui leur auraient été hostiles quelques siècles ou millénaires plus tôt. On estime alors que les hommes ont pu transporter des glands sur de longues distances, à l’époque où ils étaient nomades, non pas pour s’adonner à la culture des chênes, mais pour se nourrir des glands, dont certains ont naturellement été égarés et dispersés, donnant naissance à de nouveaux peuplements. C’était il y a 18 000 ans. Or, on calcule que, depuis cette date, les chênes sont capables d’étendre leur territoire de plus de 500 mètres chaque année, ce qui est loin d’être ridicule.

Il faut également prendre en compte le rôle primordial des animaux. Pies, corbeaux, geais, chevreuils et rongeurs font festin des glands qu’ils ramassent. Ils les transportent dans leurs terriers ou leurs nids. Certains leur échappent et germent. C’est un mode de migration précaire et risqué, certes, mais qui, à force de ténacité, porte ses fruits. Et, de la ténacité, les arbres en ont.

Les autres arbres aussi !

Bien entendu, l’exemple du chêne n’en est qu’un parmi d’autres. Bien des espèces rivalisent d’ingéniosité pour répandre leurs graines et multiplier leur patrimoine génétique. Les châtaigniers par exemple, utilisent le piquant de la bogue pour que leurs graines s’agrippent aux toisons des bêtes, sangliers, cerfs, biches, chiens. Ceux-ci ne sont même pas conscients de transporter sur eux des fruits qui donneront de nouveaux arbres, qui leur donneront de nouveaux fruits à manger, plus loin, parfois beaucoup plus loin.

Les érables, eux, ont développé des samares, c’est-à-dire des fruits ailés que le vent transporte facilement et qui font comme de petites hélices d’hélicoptères. Les fruits du tilleul ont une même capacité à se laisser transporter au loin par le vent. Les cocotiers, eux, laissent tomber leurs noix qui peuvent flotter à la surface des eaux et se laisser transporter très loin. D’autres espèces encore, laissent dévorer leurs fruits par les oiseaux qui relâcheront les graines dans leurs excréments. C’est notamment le cas de l’if, dont les graines toxiques ne demeurent pas dans l’estomac des bêtes.

La nature a de ces ingéniosités pour se reproduire et avancer !

 

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