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L’exploitation sélective de la forêt amazonienne remise en question

L’exploitation sélective de la forêt amazonienne remise en question

Selon une étude menée par l’Observatoire des forêts tropicales aménagées (TmFO), publiée le 13 juin dans la revue Environmental Research Letters, « l’exploitation sélective ne permettra pas de fournir suffisamment de bois pour satisfaire la demande régionale sur le long terme. » C’est une chose compliquée, sans doute, mais ne serait-il pas plus sage de cesser de vouloir exploiter la forêt d’Amazonie ?

Il y a quelques mois, nous alertions sur ce fait : il est très difficilement imaginable d’exploiter la forêt amazonienne dans une perspective écologique. Les cycles de coupe des arbres d’Amazonie, sur trente ans, sont trop courts et inadaptés à ce genre de forêt. Les arbres les plus intéressants n’y retrouvent pas leur place. C’était le constat dressé par les journalistes de Reporterre. Plus prudent, le Cirad (Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement) s’interroge, et apporte finalement de l’eau à ce moulin.

Les pratiques actuelles ne sont pas durables

Bruno Hérault, expert des forêts tropicales au Cirad, l’explique : les législations nationales ne suffisent pas à garantir la pérennité et le renouvellement des stocks de bois exploitables. Ce, en dépit des lois qui ont été votées pour préserver la repousse des forêts et éviter l’épuisement des réserves de bois. Parmi les neufs pays concernés par l’exploitation de la forêt amazonienne (Brésil, Equateur, Venezuela, Suriname, Pérou, Colombie, Bolivie, Guyana, France), nombreux sont ceux qui ont pris des mesures pour imposer un délai minimum entre deux coupes. Mais, nous informe l’expert, « les pratiques actuelles ne sont pas durables. »

Aucun scénario n’est envisageable

L’équipe de recherche ayant imaginé et modélisé cinq scénarios différents, pour étudier l’intensité d’exploitation et la durée des cycles de coupe possibles, en arrive à cette conclusion : « Les résultats montrent qu’avec les cycles de coupe et d’exploitation actuels, la capacité de régénération de la forêt n’est pas suffisante pour reconstituer les stocks de bois d’œuvre exploités. Or, les scénarios les moins intenses (faible intensité d’exploitation et longs cycles de coupe) ne permettent pas de produire suffisamment de bois tandis que les plus intenses ne sont pas envisageables car ils ne permettent pas de reconstituer le volume de bois suffisant durant un cycle de coupe. »

Plutôt planter pour exploiter

Il faut considérer que le changement climatique aura une influence néfaste sur la forêt amazonienne. La région devrait être plus chaude et plus sèche, ce qui entraînera davantage d’incendies et de sécheresses et une surmortalité des arbres, « notamment pour les espèces de grande taille - les plus intéressantes pour l’exploitation – qui sont plus sensibles à la sécheresse. »

 La question n’est donc plus de savoir si les normes édictées seront respectées, car même si c’est le cas, les réserves de bois de production diminueront. Aussi, la seule bonne solution semble être d’exploiter des forêts plantées, afin de conserver durablement les forêts existantes. L’exploitation des forêts amazoniennes ne peut décidément pas se faire sur le modèle que nous appliquons dans nos régions tempérées.

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